Renault va réduire la production des Master et Trafic
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L’usine Renault de Sandouville en Seine-Maritime, qui produit notamment le Trafic, a indiqué lundi 24 février à ses représentants, le départ de 300 intérimaires dès le mois de mars suite à la baisse de production. Une annonce qui fait suite à celle, le mois dernier, qui concernait la fin de contrat de 737 intérimaires sur le site de la Sovab à Batilly, en Meurthe-et-Moselle.
Dans les deux cas, Renault anticipe une baisse de production de ses utilitaires Master et Trafic. Ce dernier, qui sera bientôt restylé malgré l’arrivée d’une toute nouvelle génération 100% électrique l’année prochaine, a pourtant terminé 2024 sur la seconde marche du podium des véhicules utilitaires en France avec 28 206 unités, et a même terminé le mois de janvier en tête.
Quant au Master, dont une toute nouvelle génération a été lancé l’année dernière, il a terminé leader tout segment confondu en 2024 alors même que la 4ème génération, élue utilitaire de l’année, a entamé sa commercialisation.
Alors que ses deux modèles semblent surfer au sommet de la vague, on peut s'interroger sur de telles décisions. Pour le Master, la baisse de la production pourrait ainsi n’être que temporaire, le temps que toutes les versions soient commercialisées. C’est ce qu’explique notamment Grégory Picciau, délégué syndical à France3 Régions:
“C’est un véhicule avec de nombreuses variantes possibles. Certaines ne sont pas encore sur le marché, par exemple, la version boîte automatique, les doubles cabines. Le directeur nous a affirmé qu’il avait la volonté d’accélérer les choses dans ce domaine. Une équipe et demie au montage au lieu de deux. Une équipe sera à mi-cadence durant la journée. Il va profiter de cette possibilité pour accélérer sur ces variantes pour pouvoir les mettre sur le marché.”
Une année record pour le Trafic en 2024, mais des commandes en baisse pour 2025
Pour le Trafic, la situation est différente. Alors que l’usine a battu des records de production en 2024 avec 137 000 Trafic immatriculés, le niveau du carnet de commande pour 2025 serait en baisse, expliquant ainsi que Renault veuille réduire la voilure, avec une production qui serait plutôt de l’ordre de 120 000 véhicules cette année, soit 17 000 modèles en moins.
Dès le mois de mars, l’usine devrait ainsi sortir 460 utilitaires par jour contre 620 l’année dernière, poussant Renault à s’adapter en passant sur une équipe et demi au lieu de deux jusqu’à présent, avec à la clé, la fin de certaines activités la nuit et le week-end.
Les normes et une situation économique floue seraient en cause
Les normes européennes pourraient expliquer en partie cette baisse de production, tout comme la pression fiscale et réglementaire qui pèse sur ces véhicules (taxes, contrôles techniques annuels, normes de sécurité imposant des équipements supplémentaires…,) ainsi que le contexte économique. Avec des utilitaires toujours plus chers pour respecter les nombreuses normes, les professionnels qui voient l’avenir s’obscurcir veulent probablement repousser leurs commandes.
Le Trafic dans sa version VP (van aménagé directement en usine ou transport) est également lourdement taxé. Avec son moteur Diesel 2.0 dCi, il émet au minimum 181 gr de CO2 soit un malus en 2025 de... 35 346 € contre 24 291 en 2024. Si sur la Clio, la nouvelle grille a peu d'impact, en revanche, sur le Trafic VP, cela devient totalement rédhibitoire, ce qui explique en partie le désamour à venir que Renault anticipe.
Le futur Renault Trafic (2026)
Malgré tout, pour l’usine normande qui a produit pendant des années les modèles haut de gamme de Renault comme l’Espace, la R25, ou encore la Laguna, l’avenir semble assuré. Le constructeur français a en effet choisi ce site pour produire la future génération d’utilitaires 100% électriques nommés Goélette, Trafic et Estafette. À condition bien sûr que les ventes sur ce type de modèles décollent enfin. Car si l’électrique peine à séduire les particuliers, dans le monde professionnel, c’est encore pire.
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