PSA Peugeot Citroën et Renault publieront la semaine prochaine leurs résultats 2005, année où les deux constructeurs se sont attachés à préserver leurs marges en dépit du durcissement de l'environnement économique au second semestre.
PSA Peugeot Citroën et Renault ont néanmoins tous les deux été amenés à revoir leurs objectifs en cours d'année, victimes à la fois d'une cherté persistante des matières premières, d'une atonie de la demande en Europe et d'une guerre des prix impitoyable sur ce même continent.
A la mi-novembre, Renault, dont la gamme vieillissante n'est plus totalement en phase avec les attentes du public après des années fastes en 2003 et 2004, a révisé en baisse d'un point, à "plus de 3 %", sa prévision de marge opérationnelle 2005.
De son côté, PSA, qui a lancé une batterie de nouveaux modèles au cours des dix-huit derniers mois, a pâti de stocks excessifs et a annoncé le 11 janvier dernier une marge opérationnelle quasi définitive de 3,4 %. Le constructeur tablait précédemment sur une marge de 4 % et, au début de l'année dernière, sur un ratio compris entre 4 % et 4,5 %. PSA, dont les ventes mondiales ont progressé de 0,4 % en 2005, à 3,39 millions de véhicules, publiera ses résultats mercredi 8 février avant l'ouverture de la Bourse. Comme le constructeur a déjà publié un chiffre presque définitif pour le résultat opérationnel, à 1,940 milliard d'euros contre 2,534 milliards en 2004, les attentes du marché portent surtout sur le résultat net avant éléments exceptionnels. Le consensus Reuters Estimates, basé sur les prévisions de 14 analystes, prévoit 1,154 milliard d'euros, soit une baisse de près de 33 % par rapport à 2004 (1,715 milliard).
Deux jours plus tôt, Faurecia, l'équipementier automobile détenu à 71,3 % par PSA, aura publié de son côté ses résultats. Le groupe, qui a indiqué en décembre qu'il subirait une perte nette en 2005, devrait dégager un résultat opérationnel de 262 millions d'euros et un bénéfice avant impôts de 155 millions d'euros, selon le consensus Reuters Estimates.
Le plan Carlos Ghosn
Renault publiera ses résultats un jour après PSA, le jeudi 9 février. Mais ces chiffres seront largement éclipsés par l'annonce le même jour du plan sur trois ans concocté dans le plus grand secret par le nouveau président Carlos Ghosn. Au grand dam des syndicats, qui dénoncent la "personnalisation" de la stratégie de l'entreprise, peu de choses ont filtré de ce plan, un nombre très restreint de personnes ayant été associé à son élaboration. Cette incertitude a suscité l'inquiétude des salariés de Renault, d'autant que le successeur de Louis Schweitzer a été précédé de son surnom de "cost-killer".
Il est toutefois peu probable que Carlos Ghosn annonce des fermetures de sites ou des mesures de licenciement massives jeudi prochain. Le plan devrait plutôt se concentrer sur les futurs modèles, fixer des objectifs ambitieux en matière de rentabilité et de production et mettre en place une série de mesures de réduction des coûts.
D'après Reuters Estimates, Renault devrait faire état d'une marge opérationnelle, en valeur, de 1,39 milliard d'euros contre 2,42 milliards il y a un an (- 42,6 %). Le bénéfice net, qui inclut la quote-part de la participation de 44 % de Renault dans Nissan, est vu à 3,05 milliards d'euros contre 3,5 milliards il y a un an (- 14 %).
Le lendemain de Renault, qui a de son côté vu ses ventes mondiales progresser de 1,7 %, à 2,53 millions de véhicules, l'autre grand équipementier français Valeo publiera à son tour ses résultats, avec un résultat opérationnel vu à 347 millions d'euros et un bénéfice net à 154,6 millions, contre respectivement 333 et 241 millions d'euros en 2004.
Reuters